Gilbert Legube

Gilbert Legube

Paris, 1901 – Fleury-les-Aubrais 1987

La Collection Sainte-Anne compte une quarantaine aquarelles et dessins de Gilbert Legube. Réalisées soit au crayon de couleur soit à l’aquarelle, elles ont été données par le docteur Benoiston à Robert Volmat en 1955. Elles proviennent de l’hôpital psychiatrique de Fleury-les-Aubrais où Gilbert Legube a été interné.

Gilbert Legube, né à Paris en 1901, avait une formation de commis d’architecte. Sa première hospitalisation date de 1926 et il resta interné jusqu’à son décès en 1987. De sa création artistique peu de traces subsistent, cependant en 1964 un médecin notait « qu’il y a quelques années M.Legube dessinait d’une manière réellement artistique ».

Deux champs possibles d’analyse existent ; l’un s’attache au processus de création et l’autre se concentre sur l’analyse de l’espace et du temps dans cette série de dessins et d’aquarelles.

La répétition, loin d’être une façon de faire défiler l’identique peut être considérée comme une forme de langage, une façon de s’engager vers une élaboration de la pensée. La répétition est ce qui permet à l’artiste de se dessaisir de lui-même pour investir une nouvelle relation à l’art. Elle peut être le moteur d’une quête : répéter pour approfondir, se dégager de la forme et aller ainsi à l’essentiel (Anne-Marie Dubois, in De l’art des fous à l’œuvre d’art, Tome 3, 2009).

L’autre analyse a été réalisée en 1998 par Alexandre Stefanov. Selon lui, la plupart des motifs choisis par le peintre relève de la géologie et sont dessinés avec une précision de géologue. Presque tous les feuillets se présentent sous la forme de plusieurs vues superposées d’un même paysage. Souvent elles montrent ce paysage non seulement sous un angle différent mais aussi à partir d’une hauteur différente. Il en résulterait donc une dynamique et une tridimensionnalité prononcées.

L’intérêt de Legube est loin de se limiter à une multiplicité de points de vues ou d’éclairage. Sa façon de représenter un paysage en donnant plusieurs images en une seul, peut faire penser à sa formation et à son métier de commis d’architecte. Ses dessins et ses aquarelles vont bien au-delà d’un simple savoir-faire professionnel, car à l’étude de l’espace s’ajoute en quelques sorte une étude du temps.

Les œuvres de Gilbert Legube furent présentées à :

  • Paris, 1955, Centre hospitalier Sainte-Anne, colloque international sur la chlorpromazine.
  • Bordeaux, 1957, Galerie municipale, Bosh, Goya et le fantastique, du 20 mai au 31 juillet 1957.
  • Saint-Etienne, 1994, Musée d’art moderne, Les défilés du même, du 28 au 29 mai 1994.
  • Paris, 1998, Centre hospitalier Sainte-Anne, Musée Singer-Polignac, Hommage à Robert Volmat, Œuvres de la Collection ancienne du Centre d’Etude de l’Expression, du 19 au 27 septembre 1998.
  • Paris, 2000, Université René Descartes – Paris V, De Sainte-Anne et d’Ailleurs, collection ancienne du Centre d’Etude de l’Expression, Galerie Saint-Germain, du 27 juin au 11 juillet 2000.
  • Paris, 2006, Centre hospitalier Sainte-Anne, Musée Singer-Polignac, Eloge de la répétition – Collection Sainte-Anne, du 16 septembre au 15 octobre 2006 (catalogue disponible).

Gilbert Legube
Aquarelles extraites d’une série
1949-1953
©crédit photographique
Collection Sainte-Anne