Alexandre Nélidoff

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Alexandre Nélidoff (1918 - ?)

Né en 1918 à Belgrade, Alexandre Nélidoff avait 29 ans lors de son internement en 1947 à l’hôpital Sainte-Anne. Fils d’un musicien, jouant lui-même du piano et prenant des cours d’art dramatique, il rêvait d’une carrière d’artiste. Néanmoins, son père tenta de l’en dissuader. Cette déception associée à des désordres amoureux semble avoir précipité ses troubles et son hospitalisation.

Robert Volmat évoque cet artiste dans L’Art psychopathologique publié en 1956. Il est précisé dans les écrits de Robert Volmat que Nélidoff dessinait depuis le début de son internement. Au début il peignait des paysages stylisés, découpés en plans successifs qu’il présente comme des décors de théâtre. Puis sa production sembla se détériorer aux yeux de son entourage médical. Mais en réalité, Alexandre Nélidoff semble plutôt changer de style.

Sa production particulièrement riche remplit nombre de feuilles et de carnets de dessins où se mêlent crayon noir et parfois de la couleur. Ses réalisations sont d’une grande richesse inventive et d’une importante maturité. On y perçoit une tension saisissante entre des paysages particulièrement oniriques, et par la suite, des personnages dont l’acuité des traits dévoile un tout autre univers.

Dans un premier temps, les paysages de Nélidoff sont riches en couleurs et en poésie, mettent en scène des décors bucoliques où des arbres majestueux rappellent une nature impressionniste de Monet ou de Renoir. La figure humaine est alors peu présente.

Par la suite, Alexandre Nélidoff s’intéresse alors plus particulièrement au personnage et fait largement évoluer son style. L’aquarelle et les couleurs vives laissent place au crayon et à l’encre qui font ressortir des traits plus abrupts. Les défauts physiques sont accentués et disproportionnés : les nez ou les fronts deviennent énormes. Alexandre Nélidoff expérimente alors pleinement la caricature.

Ce sont certainement ces particularités stylistiques qui ont été à l’origine d’un moindre intérêt porté à cette production de la part des psychiatres en 1950. A cette époque, les œuvres dites « brutes » ou issues d’un art dit « psychopathologique » attiraient davantage l’attention que les œuvres suggérant une grande compétence artistique, ce qui continue à nous interpeller. Exposées une première fois en 1950, ses œuvres ne sont ensuite présentées à nouveau qu’en 2009, puis régulièrement dans les années qui suivent.

 

 

 

Expositions :

Première exposition internationale d’art psychopathologique, Centre hospitalier Sainte-Anne, Paris, 1950.

Le comble du vide, Musée Singer Polignac, Centre hospitalier Sainte-Anne, Paris, 19 septembre au 15 novembre 2009.

Qui est aveugle ?, Musée Singer-Polignac, Centre hospitalier Sainte-Anne, Paris, du 17 septembre au 20 novembre 2011

Elle était une fois, Acte 2, Autour de 1950, Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte-Anne, Paris, du 1er décembre 2017 au 28 février 2018

Follement drôle / Wahnsinnig komisch, Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte-Anne, Paris, du 30 octobre 2020 au 31 mars 2021, puis à la Collection Prinzhorn à Heidelberg (Allemagne) du 13 mai au 26 septembre 2021

Alexandre NELIDOFF
Sans titre
1950
Aquarelle et crayon de papier sur papier
16 x 12 cm
Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte-Anne
Inv. 1136
© CEE-MAHHSA Dominique Baliko

Alexandre NELIDOFF
Sans titre
1950
Encre sur feuille
21 x 13,5 cm
Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte-Anne
Inv. 1125
© CEE-MAHHSA Dominique Baliko

Retrouvez les œuvres de Alexandre Nélidoff sur la Collection en ligne.

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